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Etre ou ne plus être ?

Soumis par AlexandraB le jeu 04/11/2021 - 18:52

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« L’entreprise est le plus puissant levier de transformation de société 
que nous avons à notre disposition aujourd’hui » 

Emery Jacquillat, invité de la longue -vue "Etre ou ne plus être" du 17 mars 2021

 

L’entreprise a la main sur le gouvernail de notre embarcation commune. Tout simplement parce que l’activité de chacune influence notre avenir commun. Pionnier de l’entreprise à mission, le PDG de la Camif Emery Jacquillat, invité à regarder à travers la Longue-vue de la Cité de l'économie et des métiers de demain, rappelait que même si tous les citoyens adoptaient des gestes quotidiens éco-responsables, seulement 25 % du chemin aurait été parcouru pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris (selon une étude de Carbone 4). Et de conclure : « Ce qui reste au-delà de ces 25% revient aux entreprises ». 

 

 VOIR replay dE LA LONGUE-VUe 

 

 LIRE L'ARTICLE COMPLET SUR LA RAISON D'ETRE 

A travers le « Pacte Vert », la Région Occitanie invite les entreprises à devenir un levier de transformation de la société. Certaines d’entre elles portent le « bien commun » dans leur ADN. Elles œuvrent pour diffuser une culture d’entreprise positive, ouverte, durable, inclusive, avec la Cité de l’Economie et des Métiers de Demain. Nous avons choisi de mettre en lumière trois d'entre elles.

 

 

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ESII, Groupe Pilote et ArtyZen s’illustrent dans la thématique de la raison d’être de l’entreprise aux côtés de la Cité de l’économie et des métiers de demain :

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ESII 
« Apporter sa pierre pour aller vers plus d’intérêt collectif »

Lancée depuis à peine plus de deux ans, le statut d’entreprise à mission séduit les entreprises. En France, plus de 200 sociétés ont déjà inscrit une raison d’être au service du bien commun dans leurs statuts. Installé à Lavérune (Hérault), le leader de la gestion d’accueil du public ESII fait partie des premiers acteurs français à avoir sauté le pas. C’est même la première sur la région occitane. « Les entreprises peuvent apporter leur pierre pour aller vers plus d’intérêt collectif, de vision à long terme, et pour aider chacun à avoir une meilleure perception du sens de ses actions », atteste Jean-Pierre Richard, Président Directeur Général d’ESII. Grâce à un management qui est « plus de l’ordre du coaching que du dirigisme », et une gouvernance de type « entreprise raisonnablement libérée » - sorte d’holacratie un peu plus libre -, la PME a toujours inspiré confiance à ses clients. Avec plus de 30 ans d’ancienneté, 11 millions d’euros de chiffre d’affaires en France et à l’international, plus de 130 collaborateurs, l’entreprise prouve que jouer collectif est la meilleure stratégie pour prospérer. 

 

Groupe pilote 
« La modernité ne peut pas faire l'impasse sur l'éthique »

 

Pour inscrire le bien commun dans ces statuts, le statut d’entreprise à mission n’est pas la seule solution. « Dans l’entreprise à mission il manque presque toujours un élément essentiel : le partage de la gouvernance » note Laurent Rodrigues. Président du Groupe Pilote qui chapeaute deux sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) : Hygie Sphère et Mon Cuisinier. « Issus du mouvement coopératif, quand on entend parler des entreprises à mission, on a l'impression d'être en avance ». Et pour cause : en France, les scop existent depuis 1947, et les scic depuis 2001. Aujourd’hui, elles connaissent un regain d’intérêt : sur les cinq dernières années, l’emploi coopératif a bondi de + 30 %. « On aurait pu faire une scop avec la gouvernance aux salariés, précise Laurent Rodrigues, mais on voulait aller plus loin et travailler avec toutes parties prenantes de l’entreprise : clients, fournisseurs, collectivités, salariés ». Agréée entreprise d’insertion, l’entreprise emploie plus de 40 équivalents temps plein (ETP) en public d'insertion sur les métiers de la restauration et du nettoyage. « La modernité ne peut pas faire l'impasse sur l'éthique, conclut-il. La finalité de l’entreprise c’est de mettre son modèle économique au service du social et du territoire. La Région Occitanie est une terre d’expérimentation qui impulse de nouvelles manières de voir l’entreprise et qui fait bouger les lignes ».
 

 

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« L’organisation opale est à la croisée de l’holacratie et de l’entreprise libérée» 
Sandrine Foucault, co-fondatrice d’
Artyzen & doctorante

 

Les entreprises à mission essaiment en France depuis la loi PACTE : un nouveau vent souffle-t-il sur l’économie française ? 

Le sujet de l’entreprise responsable n’est pas nouveau. Lors de mon arrivée au sein du Centre des Jeunes Dirigeants en 2012, on ne parlait pas encore d’“entreprise à mission” mais la question de la performance globale et l’envie de mettre l'économie au service de l’homme était déjà là. On en parle davantage aujourd'hui parce que les grands groupes s'y mettent, que des lois sont votées, et qu’il y a une volonté partagée d’aller plus loin. Pour les entreprises de grande envergure, la difficulté c’est de faire pivoter le paquebot en cours de route ; pour les plus petites, qui ont inscrit la responsabilité sociale de l'entreprise dans leur ADN, c’est d’outiller et d’impliquer ses parties prenantes pour embarquer tout l’écosystème de ses clients dans l’aventure. 

Qu’avez-vous appris à travers vos diverses expériences ? 

À travers mon expérience sur ces sujets, j’ai appris qu’il ne suffisait pas d’écrire une raison d’être pour qu’elle advienne. Aujourd’hui, j’avance sur le chantier avec une double casquette : en tant que cofondatrice de l’entreprise Artyzen, je veille à redonner ses lettres de noblesse aux métiers du service à la personne, et à travers mon travail de thèse, je mène un travail de recherche sur le modèle des organisations opales : des structures auto-dirigées par leurs collaborateurs.

La théorie et le terrain se répondent. Le concept d’organisation Opale flirte avec tous ces concepts l'holacratie, d’entreprise démocratique, d’entreprise libérée... L’objectif est de reprendre des nuances de chacun de ces modes d’organisation et d’arriver, à horizon 3 ans, à modéliser le système de communauté autonome applicable au monde de l’entreprise. Avec Artyzen, nous sommes sur une approche expérimentale : les collaborateurs sont embarqués, on est dans une structure apprenante qui donne le droit à l’erreur.

De quelle manière faites-vous déjà bouger les lignes depuis la Région Occitanie ? 

Depuis Montpellier, avec Artyzen, nous sommes en train de construire une offre de formation pour partager ce que nous avons appris : comment donner des responsabilités à des personnes qui ne sont pas habituées à en endosser, et quels outils donner pour permettre aux individus de correctement s’émanciper. 
 
Artyzen a été pré-incubé au sein réseau Alter’Incub qui accompagne des projets dont l’innovation est au service de l’intérêt collectif. Nous n’avons pas encore le statut d’une entreprise de l’ESS, mais nous nous comportons comme tels. Aujourd’hui, c’est une démarche enfin valorisée. 
Avec le CJD Montpellier, nous avons organisé l’an dernier une plénière sur l’ESS et avons - sous mon mandat - fait évoluer les statuts de l’association pour expérimenter un modèle de gouvernance partagée. Pendant deux ans, nous avons expérimenté ce modèle de gouvernance officieusement, puis nous l’avons officialisé et partagé.